Espionage, Foreign Interference and Cognitive Warfare: The New Reality
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Michel Juneau Katsuya, ancien responsable de la contre-espionnage Asie-Pacifique au SCRS, soutient que la plupart des organisations ne font jamais d'évaluation rigoureuse de la menace, et propose une formule simple : la menace envers (ce qu'il faut protéger) plus la menace en provenance de (qui vous cible) donne une vraie évaluation des vulnérabilités, remplaçant une approche au fusil de chasse par une approche de tireur d'élite. À partir d'une étude qu'il a commandée au SCRS en 1995, il estime que le Canada perd environ 10 à 12 milliards de dollars par année en vol de propriété intellectuelle, et extrapole un chiffre actuel de 100 à 120 milliards à partir de données ultérieures du FBI; le Canada serait une cible de choix, étant une société du savoir, riche en ressources, assise aux grandes tables internationales, et mal protégée légalement. Il détaille cinq agents de menace : espions parrainés par des États, avec le style patient de collecte de masse de la Chine opposé au style éclair d'autres pays, espionnage entre entreprises illustré par un fonds occulte européen servant à la corruption, crime organisé, menace interne souvent liée à un accès légitime, et activistes. Il conclut en invitant les équipes de sécurité à délaisser un discours alarmiste pour un discours stratégique axé sur la rentabilité.
À retenir
- Utiliser la formule « menace envers » (ce qu'il faut protéger) plus « menace en provenance de » (qui vous cible) pour passer d'un budget de sécurité dispersé à une approche ciblée, façon tireur d'élite.
- Transformer le discours de sécurité, d'alarmiste à orienté rentabilité; la direction traite une fonction sécurité purement alarmiste comme une dépense à couper.
- Considérer la menace interne comme la plus importante : une grande part des dossiers d'espionnage implique une personne ayant déjà un accès légitime, pas une intrusion externe.
- Se méfier des tactiques de collecte de masse déguisées en activité d'affaires normale, comme de fausses missions de recrutement ou des entretiens conçus pour extraire l'état d'avancement de la R et D de candidats juniors.
- Enquêter sur les tendances suspectes, pas seulement les incidents isolés, comme perdre à répétition des appels d'offres contre le même concurrent étranger à quelques centaines de milliers de dollars près; ces pertes inexpliquées peuvent trahir une fuite d'information.

