Comment rendre votre organisation peu attrayante pour les cybercriminels
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Vicky Desjardins, candidate au doctorat en criminologie à l'Université de Montréal et aussi active en défense en entreprise, présente les résultats de sa thèse bâtie sur 139 rapports techniques de rançongiciels publiés entre 2016 et 2023. Plutôt que de courir après des tactiques qui changent sans cesse, elle a reconstitué un script d'attaque stable et constaté que la préparation interne, l'usage d'outils déjà présents dans l'environnement (living off the land) et le détournement de comptes valides dominent, alors que l'évasion de défense reste rare, faute de défenses à évader. Elle distingue deux profils d'attaquants, les créateurs de rançongiciels, méthodiques et motivés par le défi, et les affiliés, plus opportunistes et dépendants de compétences achetées, et recommande de cibler ces derniers en augmentant la difficulté technique: accès en moindre privilège selon l'heure, la géolocalisation et le rôle, segmentation du réseau, connaissance de ce qui est normal pour repérer l'anormal, et détection comportementale combinant plusieurs signaux faibles en un score de risque. Elle souligne que la plupart des organisations possèdent déjà ces outils, mais les configurent mal. Elle termine sur les limites de sa recherche, la dépendance aux rapports publiés et des recommandations encore non testées empiriquement, et répond à des questions sur le Zero Trust, les attaquants assistés par IA et l'utilité des pots de miel.
Je discute de la manière dont les organisations peuvent constituer une cible peu attrayante. J'ai analysé 139 rançongiciels pour étudier l'utilisation continue des techniques des attaquants. L'objectif était d'identifier comment la défense peut rendre la cible plus difficile pour les attaquants, afin d'aider les organisations à envisager leur sécurité sous un nouvel angle. La présentation est divisée en 4 sections. La première section traite des théories criminologiques utilisées pour comprendre pourquoi être une cible peu attrayante peut fonctionner contre un type spécifique de délinquants. La deuxième partie présente la méthodologie utilisée pour obtenir les résultats. La troisième section se concentre sur les résultats de l'étude. Enfin, la quatrième section est la plus importante et se concentre sur les applications de ces résultats dans la réalité. Je centrerai cette section sur l'examen de la cybersécurité sous un nouvel angle afin d'aider les défenseurs à repenser leurs stratégies en fonction de ce dont ils disposent déjà.
À retenir
- Cartographier les parties stables de la chaîne d'attaque d'un rançongiciel (préparation interne, outils living-off-the-land, détournement de comptes valides) plutôt que de courir après chaque nouvelle tactique; c'est la stabilité qui rend une contre-mesure durable.
- Cibler les affiliés opportunistes plutôt que les créateurs de rançongiciels, méthodiques: les affiliés dépendent de compétences louées, sont pressés d'obtenir un retour et abandonnent plus vite quand l'environnement devient difficile.
- Définir l'accès en moindre privilège selon l'heure, la géolocalisation et le rôle, pas seulement par compte, pour ralentir le mouvement latéral une fois des identifiants valides volés.
- Établir ce qui est « normal » en trafic et en usage mémoire dans son environnement afin qu'une anomalie, comme un pic mémoire soudain ou un compte qui touche au pare-feu, déclenche une vérification avant le chiffrement.
- Combiner plusieurs comportements anormaux mineurs en un score de risque plutôt que de se fier à une seule signature; la plupart des organisations possèdent déjà les outils nécessaires, ils sont juste mal configurés.
Conférenciers

Vicky Desjardins est une candidate au doctorat en criminologie à l'Université de Montréal, spécialisée dans le domaine complexe des méthodologies d'attaques par rançongiciels. Ses recherches doctorales portent sur des stratégies innovantes visant à… Lire la suiteRéduire
Vicky Desjardins est une candidate au doctorat en criminologie à l'Université de Montréal, spécialisée dans le domaine complexe des méthodologies d'attaques par rançongiciels. Ses recherches doctorales portent sur des stratégies innovantes visant à perturber de manière préventive les scripts d'attaque, contribuant ainsi de manière significative à l'évolution du paysage de la cybersécurité. Les activités académiques de Vicky comprennent une expertise en matière de priorisation des risques et d'analyse du comportement criminel, enrichie par son mémoire de maîtrise sur la priorisation des cas de sollicitation sexuelle en ligne présentant un potentiel élevé de contact hors ligne. Vicky dirige également la réponse aux cyberincidents, jouant un rôle crucial dans le confinement et la neutralisation des acteurs de la menace, ce qui souligne son expertise pratique dans le domaine.
