Résilience et continuité : préparer son organisation à traverser l’imprévisible
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Khalil Aguelmous, responsable cybersécurité et résilience chez Sia, propose une méthode concrète de résilience opérationnelle. Il explique pourquoi le sujet presse : les régulateurs poussent partout dans cette direction (BSIF au Canada, DORA et NIS2 en Europe, tolérance à l'impact de la Banque d'Angleterre), le cybercrime se sophistique, la pandémie a tout mis à l'épreuve et chacun dépend de tiers. Il clarifie le vocabulaire (reprise informatique, continuité des activités, gestion de crise, résilience) et voit dans la résilience le moyen de casser les silos entre ces disciplines. La méthode : inventorier les services métiers, repérer les processus critiques et les actifs qui les soutiennent (personnes, lieux, données, fournisseurs), poser des contrôles de prévention et de détection, puis tester chaque année une famille de scénarios sévères mais plausibles. Il distingue l'appétit pour le risque, fixé par la direction, de la tolérance à l'impact, fixée par service critique, et raconte le cas d'un hôpital dont le fournisseur de relève n'avait jamais été mandaté pour le service qu'on lui prêtait. Il conclut par une liste de départ : cartographier les dépendances, aligner les délais de reprise sur les besoins métiers, nommer un responsable, tenir les plans de crise à jour et exercés.
L’objectif est de replacer la résilience au cœur de la gestion organisationnelle, en l’abordant comme un enjeu de vision, de structure et d’engagement collectif. Il ne s’agit pas seulement de se préparer à une crise, mais de bâtir une organisation capable de préserver ses missions essentielles dans la durée. Cette approche propose de dépasser les plans théoriques pour ancrer la continuité dans les pratiques quotidiennes de gestion. Elle s’appuie sur des expériences concrètes menées auprès d’organisations stratégiques, où la coordination entre directions, la clarté des rôles et la préparation partagée ont permis de maintenir la confiance et la stabilité face à des ruptures majeures. Dans un contexte où les attentes envers les services sont élevées et où les crises peuvent être multiples (sociales, numériques, climatiques), cette présentation offre des repères concrets pour intégrer la résilience dans les choix de gestion et dans la culture des équipes. C’est une occasion de passer d’une logique de réaction à une posture de préparation durable.
À retenir
- Cartographier les services métiers jusqu'aux processus critiques et aux actifs qui les soutiennent (personnes, lieux, données, fournisseurs); les points de fragilité apparaissent dès qu'on regarde.
- Fixer une tolérance à l'impact par service critique, approuvée par son responsable métier, et aligner chaque RTO et priorité de reprise dessus plutôt que de laisser les TI décider des délais.
- Tester chaque année une famille de scénarios sévères mais plausibles (naturels, géopolitiques, cyber, défaillance d'un tiers, départ d'une ressource clé) et monter en sévérité avec le temps.
- Vérifier ce que les fournisseurs critiques se sont réellement engagés à livrer par contrat; l'externalisation transfère le travail, pas l'impact sur l'organisation.
- Nommer un responsable, tenir à jour les contacts et les numéros de pont de la cellule de crise, et réinjecter chaque incident et chaque exercice dans les plans.
Conférenciers

Khalil possède un parcours international qui l’a mené de l’audit financier aux risques opérationnels bancaires, puis à la cybersécurité. Il a accompagné des organisations publiques et privées en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord, en… Lire la suiteRéduire
Khalil possède un parcours international qui l’a mené de l’audit financier aux risques opérationnels bancaires, puis à la cybersécurité. Il a accompagné des organisations publiques et privées en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord, en pilotant des projets stratégiques visant à renforcer leur résilience et à sécuriser leurs activités critiques. Reconnu pour son leadership et sa capacité à structurer des pratiques robustes de gestion des risques, il accorde une importance particulière à la création de relations humaines de confiance et au développement de partenariats durables. Son approche allie vision stratégique et pragmatisme, avec la conviction que la cybersécurité est avant tout un levier pour protéger la mission et les valeurs des organisations.
